La Fée du Rossignol - Extraits

Un Rossignol, ce soir, à doucement frappé

Aux carreaux de chez moi, il voulait me parler.

En guise de perchoir à choisi mon violon,

Fort était son émoi, et son poème long.

C'est moi, me dit l'oiseau, qui chante chaque nuit

Quand ton feu te réchauffe et ta lumière luit.

Ce soir, c'est le sanglot qui mouille ma musique

Et ton feu ne m'échauffe pas plus que ta rythmique.

Mon cœur s'est envolé ce matin, à l'aurore,

Vers la ville lointaine que vous nommez Belfort.

Puisque tu l'as laissée s'en aller, Nathalie,

Mon chant est en exil et mon souffle faiblit.

Tandis que tu souris dans les bras de Morphée,

Moi je revois encore notre petite fée

Et mon âme supplie le soleil et le vent

De soulager mon corps et mon esprit fervent.

L'absence de son chant a terni mon plumage,

Même les écureuils ne croient plus en mon âge,

C'est mon premier printemps et je parais vieillard,

C'est une habit de deuil, un habit de brouillard.

Pendant que vous chantiez, tous deux, à l'unisson,

Sais-tu que, dans les pins, tout n'était que frissons ?

Je vais te raconter ce que tu n'as pas vu

Mais tu n'avais besoin d'aucune longue-vue !

Lorsqu'elle est arrivée, notre petite fée,

J'étais tout mon plumage en train de recoiffer.

Je fus si captivé lorsque mes yeux la virent

Que cette belle image j'aurais voulu ravir.

Alors j'ai appelé les habitants des pins :

Ecureuils et pies, merles, hiboux et lapins,

Tous mes amis ailés ou bien à quatre pattes,

La tortue assoupie et le lièvre acrobate.

Chacun est arrivé, celui-ci de son chêne,

Celui-ci de son trou, celui-là de la plaine.

Assemblée incongrue de spectateurs curieux,

Etonnés peu ou prou mais tous très sérieux.

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